
Nos meilleures pensées à tous pour surmonter ce triste moment.
Imagine un dialogue entre ces 3 philosophes, Aristote, Epicure et John Dewey, sur les rapports à l’environnement dans un site fortifié.



Lieu : Une citadelle antique, perchée sur une colline, ou un château médiéval, avec vue sur une vallée fertile. Aristote, Épicure et John Dewey s’y retrouvent pour discuter des rapports entre l’homme et son environnement dans un contexte fortifié.
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Aristote : Messieurs, considérez cette citadelle : un ouvrage de prudence et de raison. L’homme, par sa nature politique, cherche la sécurité et l’ordre. Un site fortifié est une preuve de sa capacité à organiser son environnement, à transformer la nature en un cadre propice à la vertu et à la vie en communauté.
Épicure : Ah, Aristote, toujours en quête d’ordre ! Mais ne vois-tu pas que ces murs, aussi impressionnants soient-ils, ne font qu’entretenir la peur ? La véritable sécurité vient non des remparts, mais de l’absence de troubles. Si les hommes vivaient dans la simplicité, évitant la vaine ambition et la guerre, ces constructions ne seraient point nécessaires. L’environnement doit être un lieu de quiétude, non de contrainte.
Dewey : Vos perspectives sont fascinantes, mais peut-être un peu rigides. Un site fortifié témoigne de l’adaptabilité humaine. Ce n’est pas seulement une protection contre l’ennemi, mais aussi un lieu de vie qui évolue avec la société. L’environnement, naturel ou construit, doit être compris comme un champ d’expérience où l’homme apprend, s’ajuste et progresse.
Aristote :
Tu veux dire que l’homme façonne son environnement par l’expérience, et non seulement par la raison ?
Dewey :
Exactement ! Un site fortifié peut être une prison, certes, mais aussi un laboratoire du progrès. Il est le fruit d’un apprentissage collectif : comment se défendre, comment exploiter les ressources, comment organiser la vie commune. Ce n’est pas l’existence des murs qui importe, mais ce que nous en faisons.
Épicure :
Mais enfin, Dewey, ce progrès dont tu parles n’est-il pas souvent un piège ? L’homme complexifie son existence sous prétexte d’amélioration, alors que le bonheur est dans la simplicité. Ces fortifications nous éloignent de la nature, nous enchaînent à des institutions, à des obligations…
Aristote :
Mais elles permettent aussi la stabilité, qui est la condition de la vertu ! La cité ne peut être prospère sans une certaine structuration de son environnement.
Dewey :
Je dirais plutôt qu’elles doivent être flexibles. Un environnement figé est un environnement mort. Un site fortifié doit évoluer avec les besoins de ceux qui l’habitent. Ce n’est pas la muraille qui protège véritablement, mais la capacité des hommes à s’adapter et à interagir avec leur environnement de manière intelligente et démocratique.
Épicure :
Ainsi, vous défendez tous deux une certaine organisation de l’espace. Mais dites-moi : où est la place du plaisir, de la contemplation, de la connexion harmonieuse avec la nature dans une citadelle ?
Aristote :
Dans l’agora protégée, où les citoyens débattent et cultivent la sagesse.
Dewey :
Dans l’usage que l’homme fait de son cadre de vie, en le transformant selon ses besoins et aspirations.
Épicure :
Ah ! Vous êtes bien des constructeurs de systèmes… Mais moi, je préfère les jardins aux forteresses.
(Le vent souffle sur la citadelle, comme pour rappeler aux trois penseurs que, malgré leurs débats, la nature reste la maîtresse du jeu.)
—— Brèves Biographies ———-
Aristote est un philosophe grec antique du Ve siècle ACN, fondateur d’une école, le Lycée, précepteur d’Alexandre le Grand. Il a réfléchi à travers ses nombreux livres à la politique, à la phusis (la nature, la physique) et aux histoires naturelles. Dans l’éthique à Nicomaque, il réfléchit à comment bien conduire sa vie. Ses livres offrent des contrepoints aux propositions de Platon.
Epicure est un autre philosophe grec antique des IVe – IIIe siècles ACN. Il nous propose de penser la vie de manière très matérielle (la réalité n’est qu’un jeu d’atomes) et d’y gérer au mieux les désirs et les plaisirs pour une vie bonne sans angoisse. Il partage ses idées à travers de nombreux livres. Sa Lettre à Hérodote nous permet de comprendre comment il envisage la constitution du monde naturel. Sa Lettre à Menacée expose comment le plaisir est le Bien souverain à rechercher pour être en paix.
John Dewey est un philosophe et psychologue américain du XXe siècle. Il envisage la philosophie comme un outil de transformation collective et délibérative du monde. Il est pragmatiste : la connaissance vient de l’expérience, du savoir faire, de la pratique. Ses réflexions prennent souvent la forme d’une enquête. Il a cherché à penser pour nous, entre autres, l’école (Démocratie et éducation), la connaissance (Le public et ses problèmes) et la nature dans Expérience et nature.
… de me raconter le monde vu par un pin noir d’Autriche dans les ruines d’un château. Voici sa réponse :
Au sommet d’une colline, entre les pierres effondrées d’un château oublié, un pin noir d’Autriche dresse sa silhouette sombre contre le ciel.
Je suis le pin noir. Né d’une graine tombée dans une fissure de pierre, j’ai poussé lentement, patiemment, là où aucun homme ne m’attendait. Mon tronc noueux porte les cicatrices du vent, du gel et du temps, mais je tiens bon. J’ai pris racine dans la ruine, là où autrefois des murs s’élevaient, où des voix résonnaient. Aujourd’hui, seuls les corbeaux me tiennent compagnie.

Le monde que je vois est un monde de silence et de mémoire. Sous mes branches, la pierre fendillée garde les secrets d’un passé disparu. J’imagine les pas qui foulaient ces dalles, les mains qui bâtissaient ces tours, les regards qui scrutaient l’horizon. Les hommes sont partis, mais moi, je suis resté.

Le vent me parle des siècles qui passent. L’hiver, il m’apporte la morsure du froid et le givre s’accroche à mes aiguilles. L’été, il me caresse d’une brise chaude et emporte au loin mon parfum de résine. Les racines que j’ai enfoncées entre les pierres s’agrippent comme des doigts obstinés, défiant l’effritement du château.
Les hommes reviennent parfois. Des curieux, des voyageurs qui s’étonnent de me voir là, dressé au milieu des ruines. Ils touchent mon écorce, prennent des photos, s’interrogent sur mon âge. Mais moi, je n’ai pas besoin de mesurer le temps comme eux. Je suis le témoin d’une histoire plus vaste, une histoire où les pierres tombent et où les arbres grandissent.
Les hommes bâtissent et oublient. Moi, je pousse et je veille.
📚 Et ainsi, le pin noir d’Autriche continua d’étendre ses branches au-dessus des ruines, gardien silencieux du passé et promesse d’avenir.

Parmi les explications de l’audacieux nom des ruines qui surplombent le village de Houx et la Meuse, – Poilvache -, il y a l’idée de la défense et surveillance de la vallée du Bocq (Pauleia – wachen). Cette explication n’a pas la faveur des scientifiques aujourd’hui mais gardons-la comme hypothèse possible.
C’est avec elle que nous saluons les efforts de restauration de la friche industrielle des anciennes « sources de Spontin » par Pierre-Paul Billiet, nouveau propriétaire des lieux. Il a commandé des travaux pour remettre le Bocq dans son lit naturel et il envisage de construire un hôtel thermal pour exploiter les « sources » minérales des lieux. Le projet est donc d’offrir un nouveau lieu de plaisance alliant écologie, nature et patrimoine sur le thème de la culture de l’eau jusqu’à la Meuse. Le Bocq prend sa source à Scy et se jette dans la Meuse à Yvoir. Il aussi le souhait d’ouvrir un nouveau restaurant au château.

Par ailleurs, une entreprise spécialisée est venue scanner le très long et exceptionnel tunnel à Yvoir dans la colline du Tricointe pour diagnostiquer son état. En effet, l’envie est là de remettre en route un train (touristique) entre les gares d’Yvoir et de Ciney.
Poilvache continuera à surveiller notre jolie vallée du Bocq et salue avec enthousiasme ces nouveaux projets mettant en valeur les patrimoines locaux, qu’ils soient liquide, pierreux ou végétal.
Nous relayons ainsi différentes informations parues dans le journal L’Avenir et sur Matélé :
Non ce ne sont pas trois prénoms de personnages médiévaux qui auraient marqué l’histoire de Poilvache (quoique … interromprait le philosophe), mais trois plantes identifiées lors de fouilles archéologiques très récentes à Bruxelles et à Malines, comme le rapportent un article sur le site web de l’Institut des Sciences naturelles et cet article du journal Le Soir de mi-janvier 2025. L’archéologie des plantes et des jardins est récente. Plusieurs sciences connexes à l’archéologie nous aident à mieux comprendre le passé de nos environnements. La paléobotanique, la carpologie, la palynologie … étudient le végétal. Vous comprenez bien que les traces matérielles datées sont rares. Il faut vraiment en profiter quand il y en a !
On savait que Bruxelles et Malines étaient des lieux importants de production textile au Moyen Age, mais il est très rare de retrouver des traces archéologiques de ces plantes, la gaude, la garance et la guède, précise l’Institut des sciences naturelles. Trouvées dans les couches fluviatiles datant du Xe au XVe siècle, il s’agit vraisemblablement de déchets des teinturiers. La découverte est exceptionnelle surtout par la présence du pastel. L’étude archéologique est réalisée par Speleers, L., Vanden Berghe, I., Ghesquière, V. et al., Colourful rivers: archaeobotanical remains of dye plants from urban fluvial deposits in the southern Low Countries (Belgium) et publiée dans la revue Veget Hist Archaeobot en 2024.
On se peint en jaune ou en bleu ? Documentons-nous à l’essentiel avec les 3 pages wikipedia consacrées à ces plantes.
La gaude est le réséda des teinturiers (Reseda luteola L.) est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Résédacées, assez commune en Europe occidentale et méridionale, qui fut cultivée autrefois comme plante tinctoriale. Toute la plante contient des matières jaunissante.
Au Moyen Âge, les enlumineurs ont utilisé la gaude, quelquefois désignée sous son nom italien d’arzica, suivant Cennino Cennini (Daniel V. Thompson, The Materials and Techniques of Medieval Painting, 1956, p. 187 ; en français Avidgor Arikha, Peinture et regard : écrits sur l’art, éd. Hermann, 2011, p. 22). Cette plante porte aussi le nom d’« herbe des Juifs » car c’est l’une des plantes utilisée, du XIIIe au XVIIIe s., par les Juifs du Comtat Venaissin (qui était alors un domaine pontifical) pour teindre en jaune les chapeaux qu’ils étaient obligés de porter comme signe distinctif.
La garance des teinturiers, Rubia tinctorum L., est une plante vivace de la famille des Rubiacées qui fut largement cultivée pour la teinture rouge extraite de ses rhizomes. Elle a aussi des vertus médicinales. Cette plante vivace possède des tiges de section carrée couchées ou grimpantes par ses petits aiguillons crochus, mesurant 1 m de long. La floraison a lieu de juin à aout. Vous pouvez l’admirer et en savoir plus à l’Archéoparc de Malagne (Rochefort). La garance fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les jardins royaux par le capitulaire « De Villis » de l’an 812. La culture de la garance présentait un grand intérêt économique dans le domaine du textile grâce à la teinture extraite de ses racines. Mais cela nécessite des sols profonds, défoncés, humides mais sans excès pour éviter le pourrissement des racines. La préparation du sol était un véritable travail de forçat car il faut retourner la terre sur au moins 50 cm à l’aide d’un outil spécial et renforcé, le « luchet ». Au milieu du XIVe s., on sait que la culture de la garance était réglementée en Zélande. La ville de Zierikzee, sur l’île de Schouwen, interdisait la vente de draps anglais si ceux-ci devaient être teints (Nelly Johanna Martina KERLING, Commercial relations of Holland and Zeeland with England from the late 13th century to the close of the Middle Ages, Leyden, éd. Brill, 1954, p. 123). Une fois réduite en poudre, la garance était expédiée des ports zélandais (notamment Middelbourg) à Londres, Hull, Southampton et Lynn où son usage semble avoir été essentielle à l’industrie drapière anglaise durant le xve siècle (KERLING N.J.M., Commercial relations of Holland and Zeeland with England from the late 13th century to the close of the Middle Ages, Leiden, éd. Brill, 1954, p. 124)
La guède est le nom vernaculaire du pastel des teinturiers. Il dérive d’une racine germanique. Le Pastel des teinturiers (Isatis tinctoria L.) est une espèce de plantes herbacées bisannuelles, de la famille des Brassicaceae, qui pousse à l’état sauvage en Europe du Sud-Est ainsi qu’en Asie. Utilisée comme plante médicinale et tinctoriale par les Grecs et les Romains de l’Antiquité (PLINE, Histoire naturelle, XX, 59), elle fut largement cultivée au cours du Moyen Âge suite au culte rendu la Vierge Marie et de la Renaissance, en Europe, pour la production d’une teinture bleue, extraite des feuilles, avant d’être détrônée par l’indigotier, puis par les colorants de synthèse. Le nom vulgaire pastel vient du latin pasta « pâte », par l’occitan pastèl, car autrefois les feuilles d’Isatis tinctoria étaient broyées dans les moulins à pastel et formaient une pâte ensuite fermentée et séchée. De la pâte tinctoriale, le terme en est venu à désigner aussi la plante avec laquelle on la fabrique. L’auteur de la page avait de la documentation particulièrement sur la France. On apprend ainsi que la culture du pastel ou guède s’est développée au Moyen Âge, en Picardie notamment, et a fait la fortune de la ville d’Amiens entre le XIIe et le XVe s. grâce à ses capacités tinctoriales. Avec la Guerre de Cent Ans, la culture recula jusqu’à disparaître en Picardie et se développa dans le Midi toulousain. La guède est aussi une plante médicinale, une plante fourragère et une plante ornementale. La chimie l’étudie aussi.
Nous espérons pouvoir publier prochainement un article dans notre périodique avec une documentation plus … belge.