Manquait plus que … l’âne ! (26/07/2025)

Quand je disais dans mon « post » précédent sur les pignons et la valériane, que nous rencontrions des animaux de tous bords à Poilvache, il manquait encore … l’âne. Et bien voilà qui est fait. Elliot est devenu presque aussi célèbre que l’âne de Buridan, un âne cher aux philosophes !

Mais qui est le plus têtu des deux ? (regardez les chaussettes 😉

Très bonne visite à eux trois !

L’âne de Buridan

C’est une histoire courte proposée par Jean Buridan, philosophe du XIVe s., selon laquelle un âne mourait de faim entre deux picotins d’avoine placés à égale distance de lui (ou entre un seau contenant de l’avoine et un seau contenant de l’eau), faute de pouvoir choisir.

Le paradoxe de l’âne de Buridan n’apparaît dans aucune des œuvres connues de Jean Buridan, bien qu’il soit tout à fait cohérent avec la théorie buridanienne de la liberté et de l’animal. En revanche, cette thématique apparaît dans Du ciel, où Aristote se demande comment un homme qui doit choisir entre l’eau et la nourriture choisit entre elles. Spinoza travaille aussi l’exemple dans ses Pensées métaphysiques. Des présentateurs ultérieurs ont satirisé cette vue en un âne assoiffé et affamé, positionné à égale distance entre un seau d’eau et un seau d’avoine. L’âne meurt de faim et de soif alors qu’il hésite entre ses deux désirs. Buridan considère que la volonté peut retarder le choix pour déterminer plus complètement les résultats possibles de l’option. On dirait aujourd’hui : un visiteur hésitant trop entre le château et la ville ou un touriste sur le pont à Yvoir hésitant entre Montaigle et Poilvache, un promeneur arrivé au pied du pont du chemin de fer à Houx hésitant entre Bouvignes (par le hallage, à plat) ou gravir à Poilvache !

Ainsi, l’âne du Buridan nous donne à penser que, face à des comportements possibles, l’humain doit toujours choisir le plus grand bien pour lui. Spinoza, lui, imagine que l’humain placé dans pareille situation serait incapable de choisir arbitrairement, selon sa liberté alors d’indifférence. Et vous ? Qu’est-ce qui vous pousse à agir ? Qu’est-ce qui fait pencher la balance ? Comment êtes-vous libre ?

Et la version poétique de Voltaire :

Connaissez-vous cette histoire frivole
D’un certain âne illustre dans l’école ?
Dans l’écurie on vint lui présenter
Pour son diner deux mesures égales,
De même force, à pareils intervalles ;
Des deux côtés l’âne se vit tenter
Également, et, dressant ses oreilles,
Juste au milieu des deux formes pareilles,
De l’équilibre accomplissant les lois,
Mourut de faim, de peur de faire un choix.

— Voltaire, La Pucelle d’Orléans, œuvre en 21 chants, chant XII, vers 16 -…. dans Œuvres complètes de Voltaire, t. XI, 1784

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Pignon et valériane ?

Non ce n’est pas une proposition de condiments pour parfaire votre plat cuisiné de ce week-end. Simplement, la Valériane officinale finit de fleurir dans la cave fraiche de la « maison dite au grand Pignon ». C’est une grande plante des milieux humides et des fossés ombragés. Nous avons un beau mois de juillet mais sans exagération dans les températures semble-t-il. 

La Valériane ne poussait pas là au Moyen Age, dans la cave fermée de la maison de la garnison du site fortifié (Quoi de neuf à Poilvache ?, éd. MPMM). Elle ne poussait peut-être pas non plus dans les jardins (le site et les alentours en 1400 étaient certainement déboisés) car elle aime les endroits ombragés et frais. 

On la nomme phu au Moyen Age par confusion avec une plante plus asiatique, ou Valeriana en reprenant le nom antique. Le nom apparait dans plusieurs inscriptions latines soulignant son efficacité (du mot valeo). Valeriana renvoie au nard celtique (botaniquement ne pas confondre la Valeriana officinalis et la Valeriana celtica L. : bon courage !)

Herbe à chats ou herbe aux coupures sont ses noms populaires : l’odeur forte de ses racines excite les chats. Difficile de confirmer à Poilvache : nous y rencontrons énormément d’animaux de tous bords mais peu de chats ! Et pour compliquer le tout, l’Herbe-aux-chats est le nom populaire d’autres plantes connues botaniquement comme la Nepeta cataria L. ou le Teucrium marum L.

La Valériane était par contre certainement présente entre 1215 et 1430 dans une fiole ou un pot d’herbes séchées chez l’apothicaire ou la sorcière du coin car elle est connu comme diurétique et astringente puis comme sédatif au XVe s. Ils ont supposé à tort qu’elle pouvait soigner ce qu’on appelle aujourd’hui l’épilepsie. Elle est très prescrite en phytothérapie actuellement, nous dit Pierre Lieutaghi, le botaniste responsable du jardin médiéval de Salagon, dans son livre catalogue « Jardin des savoirs, jardin d’histoire », éd. Les Alpes de Lumière, 1992, p. 128.

Prenez bien soin de vous en vous promenant à Poilvache !

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« Mémoires de calcaire »

Je vous propose aujourd’hui un regard différent sur le chemin de défilement.

Sous la lumière pâle aux lueurs d’antan,
Le château veille, usé mais vivant.
Ses murs d’argent, sculptés à la main,
Portent les cris d’un peuple lointain.

Dans la ville en ruine, aux ruelles muettes,
La pierre calcaire murmure ses recettes.
Ciselée jadis par l’artisan discret,
Elle garde les coups, les gestes et les secrets.

Le marteau, le burin, la taille précise,
Ont laissé leur empreinte comme une balise.
Et le temps, patient sculpteur sans fin,
A poli les failles, arrondi les grains.

Parmi les dalles fendues, des concrétions naissent,
Fleurs minérales que la pluie caresse.
Les gouttes lentes, depuis mille hivers,
Ont brodé des perles au flanc des pierres.

Ô noble calcaire, os du vieux pays,
Tu portes l’écho de l’homme et de la nuit.
Tant que ton corps tient sous la mousse et le vent,
La cité survit, géante et transparente.

Et dans les murs, fossiles en sommeil,
Un coquillage ancien luit au soleil.
Mémoire figée d’un monde marin,
Prisonnier d’un bastion devenu jardin.

Poésie : chatGPT, 24/07/2025, selon les consignes de J.B.

Photo © J.B. : détails du mur en train d’être restauré dans le chemin de défilement, 14 juillet 2025

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Nous nous sommes aventurés en terres liégeoises … (Comblain-au-Pont, 13/07/25)

Nous avons pris notre courage à deux mains et nous avons été représenter notre prévôt à la fête médiévale de Comblain-au-Pont le we dernier. Et ce fut un plaisir ! Nous avons traversé de belles régions pour y arriver et les vallées très encaissées de l’Emblève de l’Ourthe regorgent de petits trésors patrimoniaux. On admire les rochers les uns après les autres. Comblain-au-Pont, par étymologie, est au confluent des deux rivières. 

La fête avait lieu sur un site original ressemblant étrangement au nôtre : un promontoire rocheux dominant le village s’étalant à l’extérieur d’un méandre. Le site est divisé en trois zones : un plateau herbeux où s’étaient installés les camps des troupes et où se déroulaient les joutes et les démonstrations d’armes, un joli bois aéré et parsemé de gros rochers sculptés dont la drève était animée par les échoppes et les artisans et, au bord avec le panorama, la tour fortifiée de Saint Martin et son… cimetière ! 

L’époque exacte de la construction de la tour n’est pas vraiment connue, nous signale le hérault Wikipedia. Le premier document faisant état d’une date est un recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmédy signifiant que le 12 mars 1228, la comtesse Ermesinde, issue des terres du Luxembourg, s’engage à restituer la forteresse de Logne et la maison forte de Comblain à l’abbaye. Il est vraisemblable que la tour ait été érigée au cours du XIIe s., voire au XIe s. La tour faisait initialement partie d’une forteresse entourée d’enceintes défensives. À la fin du XIIIe s., la tour perd sa fonction défensive et devient partie intégrante en tant que clocher de l’église du village dédiée à Saint-Martin. La situation de l’église sur la colline escarpée rendait l’accès malaisé pour les habitants et, vers le milieu du XIXe s., une nouvelle église est édifiée sur la place Leblanc et inaugurée en 1856. La vieille église est progressivement démantelée et les pierres réutilisées … 

J’ai fait la connaissance d’un jeune héros ayant bravé le dragon, j’ai admiré les jongleurs du feu, j’ai été bercé par les Ménestriers, j’ai estimé le trébuchet, je me suis amusé devant la joute et les démonstrations d’escrime. Une brodeuse faisait découvrir la Tapisserie de Bayeux et enfin, un épicier-apothicaire faisant découvrir ses poivres, ses condiments et ses épices venus d’étranges contrées lointaines a largement allégé ma bourse … mais pour le plaisir de la bouche !

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Les mercredis à Poilvache

Poilvache s’anime différemment les mercredis. Demain, et pour l’avant-dernière fois, la MPMM vous propose un parcours dans le site en suivant un livret jeu sur le thème de la nature et des animaux ! De quoi revoir les ruines sous un autre jour !

L’animation est destinée principalement aux familles. Départ à 14h et à 15h30. Merci de réserver demain matin au 082/223616 ou info@mpmm.be

bon mercredi à vous tous !

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