Venez (re-)découvrir notre patrimoine local et exceptionnel dans la belle vallée de la Meuse. Si notre programme au quotidien vous permet de ne pas voir passer votre journée, vous pouvez quand même remplacer l’une ou l’autre animation par une promenade vers la pelouse calcaire de Champalle et son plateau arboré, ou un aller-retour pour visiter le charmant village de Houx au pied de notre éperon rocheux, ou encore profiter quelques km du halage … sans oublier le château de Spontin, les ruines de Montaigle, le village médiévale de Bouvignes et la MPMM car certaines de nos animations sont communes aux 5 journées proposées : vous pouvez donc revenir la semaine suivante pour ne rien louper !
le 28 juillet dernier, nous avons eu la visite du club ASO de marche de Onhaye.
Madame Françoise Delchambre a mené son groupe avec bonne humeur. Une partie du groupe a visité le site. Elle vient avec le club de marche deux fois par an à Poilvache.
Ces marcheurs chevronnés ont sans doute été plus rapides que nos deux valeureux compagnons locaux 😉 …
Demain, le 30 juillet, profitez du dernier mercredi de la MPMM à Poilvache. Parcours jeu sympa et familial sur le thème de la nature et des animaux en particulier afin de regarder Poilvache différemment. N’oubliez pas de réserver votre visite demain matin (082/223616 ou info@mpmm.be), même tardivement afin que l’animatrice prenne avec elle assez de matériel pour tous ! Départ du parcours ludique à 14h et à 15h30.
Après une visite en terres liégeoises, nous avons été envoyés dans les forêts obscures et profondes de l’Ardenne pour représenter nostres Seigneur et Prévôt à la grand fête du château de La Roche-en-Ardenne. Nous avons passé là-bas aussi une agréable après-midi dans un château tortueux, en y rencontrant des gens passionnés et expérimentés.
La petite aventure d’abord. J’ai trouvé par terre au pied d’un banc au bar de la terrasse du dessous une bague argentée travaillée et sertie d’une fausse pierre bleue. Mon seigneur et prévôt n’auraient vraiment pas apprécié que je garde le bijou pour moi. J’ai d’abord demandé aux gens présents sur cette terrasse du château si personne n’avait perdu cet objet. Comme personne ne la reconnaissait, je me suis adressé aux gardes et aux mendiants (honnêtes) de la porte d’entrée puis au ménestrel de la troupe principale. Chacun ont lancé, en cette fin d’après midi de premier jour, 4-5 appels à haute et intelligible voix. Je pense que, hélas, personne ne s’est présenté hier. J’espère que le bouche à oreille va fonctionner et que le prioritaire se présentera aujourd’hui, heureux de retrouver sa bague d’argent et de bleu.
Où étais-je et chez qui ?
Dominant la vallée, blotties entre une boucle de l’Ourthe et les flancs abrupts de la colline, les ruines de ce château médiéval, construit à partir du XIe s., dressent leur masse sombre et imposante. Sur les traces d’un oppidum celte, sur les vestiges d’un camp fortifié romain, sur les ruines d’une villa du VIIIe s., vers 844, Adelard, comte de La Roche, y établit le premier château. Après la mort de Henri de la Roche en 1152, le comté passa à Henri l’Aveugle comte de Namur et à sa mort en 1196 à sa fille Ermesinde de Luxembourg et ainsi à la lignée des comtes de Luxembourg. Au XIVe s., les habitants de La Roche furent autorisés par Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg, à protéger leur ville par une muraille et des tours qui vinrent ainsi renforcer le système défensif du château. Modernisé par la suite, il fut démantelé seulement au XVIIIe s.
Qui avons-nous rencontré ?
Nous avons ainsi rencontré, lors de ce premier jour de la Grande Fête, hier, un très jeune passionné de fonte expliquant avec précision et justes mots chacun de ses gestes, étape par étape, la fabrication des anciens « pin’s ». Sa voisine fabriquait les bougies pour y voir clair le soir et mesurer le temps afin de ne pas cramer le civet dans la marmite. Dans le château, le fauconnier aux multiples bêtes et des démonstrations de combats entre deux soldats. Les différentes vues de et depuis le château étaient impressionnantes. Un étage plus bas et d’un autre côté, un magicien a éberlué et amusé les « moldus » pendant près d’une heure déplaçant les objets, faisant réapparaître le précieux sel d’un billet, multipliant les balles et surtout les bouteilles de whisky. Il a connu un certain succès. Nous avons terminé la journée en écoutant l’histoire de la céramique et de la bière dans une version très démocratique : ce sont les paysans qui, ayant chassé les deux seigneurs trop avides et égoïstes, imbus de leur pouvoir et de leurs richesses provenant, l’un de l’art de la céramique, l’autre de la bière, se sont regroupés, ont formé une sorte de communauté de recherche philosophique pour comprendre leur situation et décider de leur avenir : leur délibération a débouché sur un regroupement général des deux arts. Ils purent enfin boire la bière dans leur godet de céramique et vivre en paix. Il faut le voir pour le croire ! Nostres Seigneur et Prévôt auraient maté la rébellion plus vite que cela !
Souvenirs, cadeaux et soirée
J’ai terminé la visite en allant acheter pour nostres Seigneur et notre Prévot un saucisson, un jambon fumé et quelques chocolats au jambon fumé à la boucherie Bouillon & Fils. J’espère qu’ils apprécieront. J’ai terminé chez Henri, au restaurant ardennais, pour profiter d’un civet de marcassin, à la viande fondante, accompagnée d’une petite purée de légumes de saison, subtile et rafraichissante.
Certains soirs d’été, dit-on, vers la tombée de la nuit – sauf en cas de mauvais temps -, l’on peut même voir le fantôme de la Comtesse Berthe errer sur les ruines du château, à l’endroit de sa mort tragique. Il faisait beau hier soir mais je ne l’ai pas vue.
Mission bien accomplie. Je me demande où nostres Seigneur et Prévot va m’envoyer la prochaine fois …
Quand je disais dans mon « post » précédent sur les pignons et la valériane, que nous rencontrions des animaux de tous bords à Poilvache, il manquait encore … l’âne. Et bien voilà qui est fait. Elliot est devenu presque aussi célèbre que l’âne de Buridan, un âne cher aux philosophes !
Mais qui est le plus têtu des deux ? (regardez les chaussettes 😉
Très bonne visite à eux trois !
L’âne de Buridan
C’est une histoire courte proposée par Jean Buridan, philosophe du XIVe s., selon laquelle un âne mourait de faim entre deux picotins d’avoine placés à égale distance de lui (ou entre un seau contenant de l’avoine et un seau contenant de l’eau), faute de pouvoir choisir.
Le paradoxe de l’âne de Buridan n’apparaît dans aucune des œuvres connues de Jean Buridan, bien qu’il soit tout à fait cohérent avec la théorie buridanienne de la liberté et de l’animal. En revanche, cette thématique apparaît dans Du ciel, où Aristote se demande comment un homme qui doit choisir entre l’eau et la nourriture choisit entre elles. Spinoza travaille aussi l’exemple dans ses Pensées métaphysiques. Des présentateurs ultérieurs ont satirisé cette vue en un âne assoiffé et affamé, positionné à égale distance entre un seau d’eau et un seau d’avoine. L’âne meurt de faim et de soif alors qu’il hésite entre ses deux désirs. Buridan considère que la volonté peut retarder le choix pour déterminer plus complètement les résultats possibles de l’option. On dirait aujourd’hui : un visiteur hésitant trop entre le château et la ville ou un touriste sur le pont à Yvoir hésitant entre Montaigle et Poilvache, un promeneur arrivé au pied du pont du chemin de fer à Houx hésitant entre Bouvignes (par le hallage, à plat) ou gravir à Poilvache !
Ainsi, l’âne du Buridan nous donne à penser que, face à des comportements possibles, l’humain doit toujours choisir le plus grand bien pour lui. Spinoza, lui, imagine que l’humain placé dans pareille situation serait incapable de choisir arbitrairement, selon sa liberté alors d’indifférence. Et vous ? Qu’est-ce qui vous pousse à agir ? Qu’est-ce qui fait pencher la balance ? Comment êtes-vous libre ?
Et la version poétique de Voltaire :
Connaissez-vous cette histoire frivole D’un certain âne illustre dans l’école ? Dans l’écurie on vint lui présenter Pour son diner deux mesures égales, De même force, à pareils intervalles ; Des deux côtés l’âne se vit tenter Également, et, dressant ses oreilles, Juste au milieu des deux formes pareilles, De l’équilibre accomplissant les lois, Mourut de faim, de peur de faire un choix.
— Voltaire, La Pucelle d’Orléans, œuvre en 21 chants, chant XII, vers 16 -…. dans Œuvres complètes de Voltaire, t. XI, 1784