Nous avions fermé les grilles vers 17h à notre J4 de notre série « En août, Poilvache se dévoile ». Après avoir aidé et raccompagné les différents animateurs ayant fait vivre une journée immersive dans les 13e et 14e siècles dans le cadre du Patrimoine en spectacle, je n’ai pas eu le temps de ranger les animations des Amis, de faire le tour du site pour vérifier le bon état général et de quitter la forteresse avant l’animation d’observation de l’éclipse solaire organisée par l’association le Diable Vauvert plus haut sur le chemin d’accès aux ruines.
Je suis donc resté seul et très discret dans Poilvache pour ne pas les déranger. Deux constats d’abord : aucun « fraudeur » n’a cherché à venir observer le phénomène dans notre site en franchissant grille ou murailles ; et, à part un oiseau qui m’a indiqué vocalement son désarroi, la nature est restée curieusement bien calme durant l’événement.
L’ambiance fut particulière et je ne fais que dire ce que chacun d’entre vous a vécu sans doute. Le soleil est resté soleil mais … Le soleil était encore haut et la « nuit » venait. Le soleil restait « plein » mais la température changeait. Un vent frais tranchait dans une ambiance chaleureusement d’une fin d’après-midi estivale. C’est surtout une luminosité différente qui m’a marqué. Toute la « ville » de Poilvache s’est teintée d’un bel orange chaleureux. La pelouse calcaire, telle un foin très sec, s’est mise à scintiller.
Un monde à part, un temps à part… Nous pouvons mieux comprendre que pour la majorité des gens au Moyen Age, sans doute nettement moins bien informés que nous aujourd’hui, cela devait être un moment impressionnant, magique, spirituel ou diabolique.
Samuel Michot, dans un article paru en 2025, synthétise et présente bien comment le Moyen Age se représentait l’éclipse. Pour les uns le phénomène renvoyait d’abord à l’Apocalypse : Je regardai, quand il ouvrit le sixième sceau; et il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang, 13et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu’un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes.…(VI, 12-13). Cela faisait écho aux prophètes et autres livres de l’Ancien Testament comme ce passage d’Ezéchiel : Quand je t’éteindrai, je voilerai les cieux Et j’obscurcirai leurs étoiles, Je couvrirai le soleil de nuages, Et la lune ne donnera plus sa lumière. (32,7)
Pour d’autres, ayant lu Isidore de Séville, c’était un phénomène naturel qu’il était encore difficile à expliquer : l’astre, créé par Dieu, ne disparaît pas, il ne manque pas mais les humains sont incapables de voir.
Je vous laisse lire son article pour découvrir comment on a toujours cherché à vérifier les dates de phénomènes de ce genre, comment on les prévoit aujourd’hui. Une bibliographie vous permettra d’aller plus loin sur l’histoire des éclipses et nos croyances.
Voici quelques souvenirs de l’éclipse à Poilvache. Je changerai peut-être les photo après un tri et un examen plus minutieux de l’ensemble des clichés par des plus spécialistes que moi.





©Les Amis de Poilvache, J.B., 12/08/2026, iPhone.









