Lignes

Sur la crête où la Meuse trace sa courbe éternelle,

Les ruines de Poilvache dressent leurs angles rigides,

Murs de calcaire fendus par la main du temps,

Où l’homme a voulu tracer des droites, des angles, des digues.

Mais la nature, en rieur, a repris ses droits,

Tordant les cordes du lierre en spirales sans fin,

Les tiges des fougères percent les joints du mortier,

Comme des veines de pierre, elles suivent leurs propres routes.

La ligne droite du donjon s’est brisée en courbes,

Le lierre enserre les tours comme un ruban vivant,

Là où l’architecte a posé la pierre, la plante a poussé,

Tissant une toile d’or vert sur les murs gris et froids.

Les fleurs sauvages, dans les fissures des dalles,

Dessinent des cercles parfaits que le ciel a trahis,

Les racines, invisibles sous la terre,

Soutiennent les pierres tombées, les unes contre les autres.

Poilvache, ce n’est plus qu’un dialogue muet,

Entre la ligne dure de la guerre et de la force,

Et la ligne douce de la vie, des saisons et de l’eau,

Où les murs s’effacent, et où la nature reprend son souffle.

Les angles sont devenus des refuges pour les oiseaux,

Les cordes de lierre sont devenues des ponts pour les insectes,

Et les ruines, loin d’être mortes, sont devenues un jardin,

Où la pierre et la plante dansent une valse éternelle.

(Par EurIA sur base des critères de J. Bohet, avril 2026)

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